Image Christ @Didgeman/Pixabay

Voir Dieu dans un homme !

Voici, mises par écrit, quelques idées tirées de l’homélie de la cérémonie d’à Dieu de Reynolds Guillard le 5 novembre dernier.
Les textes pris pour la cérémonie étaient ceux de la messe du jour où le Christ déclare :
« Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour. Au contraire invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. » On lisait aussi dans la lettre aux Philippiens :
« Ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez plutôt à ceux des autres. »

Image Christ_Bapteme_mosaique
Christ Bapteme mosaique

Forts de cette nourriture, nous sommes tous appelés à refaire une visite de notre baptême, de notre vie avec le Christ qui aujourd’hui nous exhorte à ne pas garder les dons de Dieu pour nous mais à les utiliser pour faire vivre les autres. Il nous exhorte à les faire passer dans nos vies de telle manière que nos actes, nos paroles, nos pensées mêmes, manifestent Dieu à cette terre. C’est le vrai sens de notre vocation baptismale, le vrai sens de la Résurrection.

Une anecdote de la vie du saint curé d’Ars pourrait nous aider à entrer dans ce mystère.  Un jour un pénitent avec un lourd fardeau à déposer fait la queue pour se confesser et se demande quel peut bien être cet homme dont le rayonnement s’étend très loin en France. Il se confesse et sort du confessionnal en déclarant : « Je croyais aller voir un homme de Dieu, mais j’ai vu Dieu dans un homme ! ». Voici une belle définition de la vie chrétienne, pas seulement sacerdotale mais chrétienne.

C’est là que nous trouvons le sens de tout ce que notre coeur nous demande de réaliser, non pas juste pour faire de la philanthropie, mais pour manifester au monde le désir de Dieu de voir chacune de ses créatures vivante, heureuse et joyeuse de transmettre à son tour le don reçu !
Nous retrouvons ici Reynolds, présent pour faire vivre ses frères, les remettre en marche, les voir ressuscités dans leur vie quotidienne et les appeler frères. Ce n’est pas une canonisation de Reynolds, mais c’est une lecture de son testament spirituel que nous avons tous perçu, nous qui l’avons côtoyé à la BNF, à l’église, à la mairie, aux activités sociales et dans tant d’autres lieux encore.

Aimer son prochain, lui manifester notre véritable amour, c’est lui donner à manger, lui donner un sourire, lui permettre de se relever ou de rester debout s’il est secoué par des tempêtes personnelles ; c’est transmettre le feu de la résurrection, le feu de la Vie.

Plus encore ! Tout ceci n’est pas qu’une histoire d’Eglise, c’est valable à tous les niveaux : la culture pour tous, l’accueil des frères étrangers
d’autres religions que la nôtre, le soutien scolaire, l’aide au retour à la vie sociale et tant d’autres pour continuer à vivre en chrétien. Tout cet amour c’est la manifestation de la résurrection du Christ, trésor de vie pour l’humanité, toute l’humanité.

Alors aujourd’hui prenons quelques instants de silence pour déposer
devant le Seigneur tout notre amour pour Reynolds, tout ce que nous avons partagé avec lui, tout cet amour échangé. Que tout cela devienne notre prière, notre désir de rendre grâce pour la vie de ressuscité qu’il nous a tous manifesté.

Père Yannick André

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