Messe : l’étranger revient sur ses pas et rend gloire à Dieu

Messe Lourdes Cancer Espérance – Paris

2. Homélie, Evangile (Père Yannick André)

Dix lépreux en face de Jésus viennent lui demander la guérison. La réponse de Jésus est simple : il les renvoie à la loi. En Israël, on était guéri, ou déclaré guéri que lorsqu’on passait un examen devant les prêtres. Un examen assez compliqué, on passait une première fois on regardait, on revenait la semaine d’après, on regardait à nouveau. Puis on regardait encore la semaine d’après pour voir comment les choses évoluaient. Et donc “allez voir les prêtes” voulait “faites ce que Moïse vous a demandé lorsque vous croyez être guéris de la lèpre”. Ce qu’ils font tous. Ils n’attendent pas d’être guéris. Ils font confiance à Jésus.

Ils vont se montrer au prêtre. Et c’est en chemin qu’ils trouvent tous la guérison. Mais l’un d’eux s’en aperçoit avant les autres. Il fait demi-tour et va trouver Jésus. il se prosterne à ses pieds, le vénère pour manifester sa reconnaissance. Et Jésus prend la parole pour lui dire « tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres où sont-ils ? » Ce n’est pas un reproche moral mais il manifeste un fait. Les dix sont guéris, mais un seul est revenu. Mais lorsque Luc écrit cet Évangile il y a comme une réminiscence d’un élément qui se trouve dans le premier livre de la Bible au chapitre trois de la Genèse. Quand Adam et Ève ont pêché ils s’aperçoivent qu’ils sont tous nus, ils vont se cacher dans un buisson. Quand Dieu vient les voir, comme tous les jours, pour discuter avec eux, pour avoir cette amitié avec eux. Il pose cette question : « Adam où es-tu ? ». Quand Luc écrit ce passage de la guérison des dix lépreux et de la reconnaissance de l’un d’entre eux, étranger en plus, non juif, Il a derrière l’idée l’histoire du salut. « Où es-tu ? » est la question de Dieu Adam et Eve. Ce n’est pas un « où es-tu ? » physique « dans quel buisson te caches-tu ? ». Mais c’est : « où es-tu toi par rapport à moi, ou te situes-tu par rapport à moi ? » Et nous connaissons la suite, les vêtements de peau, on les chasse du jardin. Pour retrouver un jour ce chemin. Et dans cette histoire des Dix lépreux c’est la suite. Que dit Jésus au lépreux ? il le prend par la main, il le relève (c’est le même verbe que ressusciter). Il lui dit : « ta foi t’a sauvé ». Il nous dit simplement : pour l’instant sur les dix un seul a retrouvé le chemin. Pour l’instant. On suppose en lisant l’Évangile que les neuf autres sont guéris. C’est comme cela que fonctionne l’évangile, il ouvre une porte, il donne un fait, et pose la question « que deviennent les autres ?». C’est un peu comme la parabole du fils prodigue. Il raconte l’histoire, le fils qui revient, la joie du père, la colère du fils aîné. Mais l’Évangile finit sur le fils aîné qui ne veut pas participer à la joie de tous. On ne connaît pas la suite, cela reste ouvert. Ici, c’est pareil on ne nous dit pas la suite peut-être que les neuf autres font le même chemin que le premier. On peut imaginer. C’est ce que le seigneur veut nous faire comprendre : « où sont-ils ? » « Où es-tu ? » c’est notre chemin de retour vers Dieu. Ce chemin de retour vers Dieu ne passe que par Jésus. Que par le fait qu’il nous sauve. Je ne dis pas qu’il nous a sauvé, je dis qu’il nous sauve. Ce n’est pas un acte isolé du passé. C’est aujourd’hui et maintenant qu’il nous sauve. Et demain, ce sera aujourd’hui et maintenant qu’il nous sauve. Et après-demain pareil. À ce moment-là, quand nous aurons reconnu que c’est lui et lui seul qui nous donne tout cela, chaque jour, Dieu n’aura plus à nous poser la question « où es-tu ? ». Puisque nous l’aurons retrouvé. Le chemin, ce sera déjà fait. Mais nous pourrons nous inquiéter pour les neuf autres. D’où le sens de la question du mois d’octobre de la mission que nous a fixé le pape François. Cette mission extraordinaire qu’il nous a fixé de nous soucier du bien des autres. Du chemin de leur cœur. Qu’il retrouve le chemin vers Dieu. Voilà ce que cet Évangile nous apprend. Jésus nous apprend à nous poser la question « où es-tu ? ». On est peut-être à la moitié du chemin. On peut se situer où on veut, le curseur est où on veut. C’est à nous de dire on est là ou là. Et de nous dire aussi que ce salut c’est aujourd’hui et maintenant. Ce n’était pas hier le truc que j’ai loupé, ce n’est pas demain le truc où je ne sais pas si j’y serai. C’est aujourd’hui et maintenant. Il est toujours là pour être ce salut. C’est à nous de savoir le trouver. De revenir peut-être. De nous apercevoir qu’il est là, et de rendre grâce. Le remercier. Alors demandons au seigneur qu’il ouvre notre cœur à ce merci et à cette découverte que chaque jour, chaque matin que Dieu fait, il nous sauve. On n’est pas sauvé définitivement, et après on fait ce qu’on veut. Chaque matin, comme le soleil renaît, son salut est à notre porte. C’est cela cet Évangile, cette joie de savoir qu’il nous précède. Et il est là. Que cette vérité vienne s’inscrire dans notre cœur. Qu’elle devienne notre prière. Que nous puissions répondre à la question « où es-tu ? » Je suis là. C’est une question forte, mais c’est la question de toute notre vie « où es-tu ? » « seigneur, je suis là ».

Après la messe…
Présentation des photos du pèlerinage 2019

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